APPEL A RASSEMBLEMENT – 28 AVRIL 2016

SALARIE.E.S PRECAIRES,

INTERMITTENT.E.S,

CHOMEUR.SE.S

APPEL A RASSEMBLEMENT

LE 28 AVRIL – 10 h30

PARVIS DE LA CATHEDRALE

Mercredi 20, deuxième round des négociations sur l’assurance chômage :

57% des chômeur.se.s sont aujourd’hui dépourvu.e.s d’allocations chômage ?

La réponse du Medef est : 800 millions d’économies sur le dos des chômeur.se.s. !!!

Quelles idées propose le gouvernement aux partenaires sociaux ?

Réduction de la durée d’indemnisation (- 100 jours), baisse des indemnités de 16%…

Quant aux annexes 8 et 10 (artistes et techniciens du spectacle), la lettre de cadrage du Medef impose 185 millions d’eurosd’économie pour la seule année à venir, et 400 millions d’euros à l’horizon 2020. Et la mise à contribution de l’Etat dans lefinancement du régime.

Cette attaque, encore plus violente qu’en 2014, vise clairement à la disparition des annexes spécifiques des intermittent.e.sdu spectacle. Le financement des économies du régime par l’Etat conduirait à le sortir de la solidarité interprofessionnelle et àen faire une caisse autonome, dépendante des politiques publiques.

Ne laissons pas le MEDEF décider du devenir de NOS cotisations.

Jeudi 28, manifestation 10h30 Parvis de la cathédrale

C’est le moment de converger et d’entrer dans la lutte. La loi Travail détruit un siècle de droits sociaux acquis par les luttes des salarié.e.s, précarisant le tissu social comme jamais.

Pas de droit au travail sans droit au chômage ! L’article 53 redonne la possibilité à Pôle Emploi de prélever à la source les trop-perçus et de ne pas prendre en considération les périodes de travail déclarées tardivement alors même que ces pratiques avaient été jugées illégales par le Conseil d’Etat en 2015.

La loi Travail aidant, l’objectif est bel et bien de précariser l’ensemble des salarié-es (avec ou sans emploi) et toute la jeunesse, de flexibiliser le travail, de casser les droits sociaux pour augmenter les profits alors qu’individuellement nous n’avons jamais autant produit de richesses.

Construisons la mobilisation

AG le 25 avril à 10h au 108, rue de Bourgogne – CUIP 45

COMMUNIQUE DU CUIP 45 du 14 Avril 2015

Trois avenants ont été signés le 25 Mars dernier pour modifier la convention d’assurance chômage.
Grâce au troisième avenant, celui qui concerne les artistes et techniciens du spectacle, les droits rechargeables ne concerneront plus les annexes 8 et 10. C’est une victoire du milieu (grâce à la mobilisation et aux dernières occupations à Paris) mais une défaite pour les chômeurs du régime général….
 Ont donc été modifiées les règles concernant l’activité réduite et les droits rechargeables. Pour rappel, bon nombre de chômeurs/euses (intermittent-e-s inclus) se trouvaient bloqués avec des petits droits sans pouvoir ouvrir de nouveaux droits  plus favorables tant que ces droits de misère n’étaient pas épuisés. Pour « corriger » cette catastrophe,  Il a été décidé le 25 Mars d’un droit d’option :
Si un-e intermittent-e a des droits ouverts au régime général, qu’il a fait minimum 507 heures aux annexes 8 et 10, il pourra demander l’arrêt des droits au régime général en cours pour ouvrir des droits immédiatement dans les annexes.
Il est à noter que ce paragraphe ne concerne que les intermittents et qu’il n’a hélas pas été obtenu pour les chômeurs/euses du régime général.
Mais le plus gros du problème dans le monde culturel est aujourd’hui la baisse des dotations des pouvoirs publics envers la culture et donc les festivals… Plus d’une centaine de festivals en France ont été supprimés ou annulés cette année à cause des coupes budgétaires… Inévitablement c’est une catastrophe, à la fois pour les professionnels du spectacle mais également pour le public qui voit la culture disparaître à petit feu…
Par ailleurs, la grève à Radio France (qui rentre dans son 27ème jour !) nous confirme que les résistances sont encore présentes face à la destruction programmée du service publique. Rappelons que les salarié-e-s en lutte se battent entre autres pour la préservation des radios locales (France Bleu), contre la réduction nette d’effectifs de 250 à 330 équivalents temps plein, et contre la fusion des deux orchestres symphoniques de Radio France, ce qui mettrait à la porte des dizaines de musicien-ne-s professionnel-le-s.
Pour toutes ses raisons, le CUIP 45 apporte tout son soutient aux grévistes de Radio-France.
Enfin, le CUIP 45, membre du collectif « stop-TAFTA » participera à la journée anti-TAFTA du Samedi 18 Avril à Orléans (15h place de la République, et 18h30 au 108 rue de Bourgogne). Nous invitons un maximum de monde à participer.

Penser l’intermittence autrement

Coordination Nationale des Intermittents et Précaires

11 février 2015

     Ces tables de concertations ont mis en avant une grande partie des dysfonctionnements de l’assurance chômage. Ce mot « dysfonctionnement » signifie concrètement pour le chômeur toujours plus de précarité et de pauvreté. Oui, tous ces problèmes conduisent à des drames dont nous pouvons mesurer l’ampleur grâce aux permanences de conseil aux premiers concernés que nous avons mis en place sur tout le territoire. Pour résumer en une phrase l’ampleur de la mission : notre société n’est pas du tout adaptée à la discontinuité de l’emploi, toutes les règles sont élaborées pour l’emploi permanent. Actuellement, 86% des embauches se font en CDD, le nombre de chômeurs à activité réduite (catégories B et C) a explosé et 6 chômeurs sur 10 ne sont pas indemnisés. Il est donc urgent d’arrêter de mentir avec les mots « plein emploi », pour enfin assurer une réelle continuité de revenus pour tous.

     Il faut réformer profondément le système de protection sociale afin de l’adapter à toutes formes d’activités discontinues. Prenons l’exemple du dossier “congés maternité ». Vous avez décidé de baisser le seuil de 200 à 150 heures à effectuer dans les 3 derniers mois précédant le congé. Ce toilettage, ne règle en rien le vrai sujet : à droit ouvert égal, être enceinte un jour de l’année plutôt qu’un autre a des conséquences terribles selon les cas. Pour certaines, le congé sera couvert par la sécurité sociale et par l’assurance chômage, pour d’autres, non. Cela est discriminatoire !

     Pôle Emploi et le GUSO ne doivent plus être des zones de non-droit. Pour ne prendre que deux exemples : Pôle Emploi a décidé de ne plus prendre en compte les heures de répétitions dans le cadre d’atelier de création artistique. Les œuvres répétées doivent être préalablement écrites et suivies de représentations publiques. Ainsi, bon nombre d’artistes voient-ils basculer ces heures au régime général. Pourquoi ? Personne ne peut le dire ! Le GUSO applique des nouvelles règles au cas par cas. Ainsi, des chanteuses lyriques se produisant dans une église ont-elles vu leurs heures refusées sous le prétexte que le public dans une église n’était pas un vrai public ! Autre exemple : du théâtre en appartement déclaré en bonne et due forme n’a pas été comptabilisé, parce que le cachet avait été versé en liquide ! Ce n’est pas à Pôle Emploi de décider ce qui relève du champ artistique ou non ! Pour invalider toutes ces mesures hors-la-loi, il faut abolir toutes les directives internes, tous les modes opératoires, qui n’ont aucune valeur en droit.

     De plus, nous le répétons encore une fois : nous ne sommes pas une réserve d’indiens ! Vous persistez à séparer les intermittents du spectacle du reste des chômeurs, alors qu’il y a une réelle porosité avec le régime général. Ne pas se pencher sur les règles de coordination entre le régime général et les annexes continuera à engendrer des inégalités de traitement aux lourdes conséquences. Dans la même logique de division, vous vous évertuez à vouloir séparer artistes et techniciens. Dans le rapport, la seule réelle prise de position concerne le refus de l’annexe unique : c’est une erreur majeure. Elle est, au contraire, indispensable ! Les statistiques Unedic montrent à quel point bon nombre d’intermittents déclarent des heures dans l’annexe 8 ET dans l’annexe 10. Votre raisonnement sur le volume d’heures plus important dans l’annexe 8 est irrecevable : demandez à un technicien qui fait du trucage vidéo s’il est facile de faire ses heures, alors que cette activité subit une délocalisation généralisée dans des pays qui pratiquent le crédit d’impôt. La discussion sur la liste des métiers n’a pas lieu d’être : c’est la pratique d’emploi qui devrait être retenue comme seul critère. Pourquoi deux intermittentes n’auraient-elles pas les mêmes droits ? Parce que l’une est pigiste et que l’autre joue du Racine ?

     Vous préconisez une loi pour pérenniser les annexes 8 et 10. Mais, votre proposition ne sauvegardant que l’étiquette, rien n’empêchera le Medef de les supprimer. Nous le savons bien, puisque c’est ce qui vient de se passer pour l’annexe 4 des dits « intérimaires », qui a été vidée de son contenu lors de la dernière convention, et dont seul le titre a été maintenu. Pour rappel, en 2004, François Hollande était au premier rang pour nous applaudir lors de la conférence de presse du Comité de suivi, tout le groupe socialiste à l’Assemblée nationale avait signé nos contre-propositions, une PPL avait été déposée avec un fléchage de date anniversaire sur 12 mois. M. Rebsamen a signé ces mêmes propositions 2 semaines avant d’être nommé ministre du travail. Pourquoi les promesses d’hier ne sont-elles pas tenues ?

     Les annexes doivent pleinement rester dans la solidarité interprofessionnelle. Ainsi, il est inacceptable que les confédérations fixent un budget en amont de la négociation avec les syndicats du secteur. C’est acter la notion de budget à part, donc de caisse à part, et de déficit à part. Les 110 000 intermittents du spectacle ne coûtent pas plus chers qu’une moyenne de 110 000 chômeurs. Il faut cesser la stigmatisation et penser à des mesures justes et adaptées aux situations particulières plutôt qu’à des schémas qui s’apparentent à une caisse autonome. Ce n’est pas le budget qui doit guider les négociations, mais les besoins.

     Avec notre modèle d’indemnisation, nous avons fait la preuve que l’on pouvait couvrir les plus précaires en dépensant moins. Pour la première fois, l’Unedic est forcée de reconnaître que nos propositions ne sont pas plus coûteuses. Un modèle vertueux peut être mis en place. Ces tables auront permis de démontrer, une bonne fois pour toutes, que la réforme de 2003 n’a pas été économique -puisqu’elle coûte plus cher-, mais idéologique.

     Par ailleurs, tous les chômeurs doivent bénéficier immédiatement du renouvellement de droits anticipés. En effet, la nouvelle disposition qui les oblige à aller à épuisement de leurs droits est catastrophique. Contrairement à ce qui est dit, les nouvelles règles -concernant l’activité « reprise » couplée aux droits rechargeables- sont une régression, et non pas un progrès. Pour rappel, cette règle avait été imposée en 2003 pour les annexes 8 et 10. Suite aux conséquences désastreuses que cela engendrait, une circulaire avait permis d’accorder à tous les intermittents du spectacle de pouvoir renouveler leurs droits à n’importe quel moment. Comment une mesure considérée, à juste titre, comme néfaste pour les intermittents du spectacle a-t-elle pu être mise en place pour les chômeurs à activité réduite ? Combien de fois faudra-t-il répéter qu’un intermittent du spectacle est un chômeur à activité réduite ?

     De plus, un rapprochement des AEM émises par les employeurs et celles transmises par les salariés tous les mois doit permettre de vérifier la cohérence des déclarations et de rectifier celles qui seraient tardives, erronées, ou omises, sans pénalités ni sanctions. Or, le principe actuel est une double peine : on ne prend pas en compte les heures de travail mal déclarées ou déclarées tardivement pour l’ouverture de droits, mais on les valide pour réclamer des indus. C’est la raison pour laquelle Djamel Chaar s’était immolé par le feu devant une agence de Pôle Emploi. Combien de Djamel Chaar faudra-t-il pour que cette mesure de bon sens soit prise ?

     Ces tables de concertations ont prouvé que bon nombre d’organisations exclues du dialogue paritaire avaient leur mot à dire et des propositions viables. Redéfinir les règles de la gouvernance de l’Unedic et penser un « dialogue social » élargi sont les seuls moyens d’assurer une véritable démocratie, dans laquelle les premiers concernés seraient réellement représentés. Il est anormal que le MEDEF ait un droit de veto sur toutes les décisions. Le travail sur les chiffrages des différents modèles d’indemnisation est positif. Mais, pourquoi cela n’a-t-il pas eu lieu à chaque fois ? Pour les intermittents du spectacle, cela aurait évité la réforme totalement inutile de 2003 et, pour l’ensemble des chômeurs, les catastrophes annoncées de la convention 2014.

     À l’heure où la flexibilité est réclamée partout, il est urgent de penser l’intermittence de l’emploi autrement, afin d’assurer une continuité de revenus pour tous. Pour cela, il faut repenser le système dans sa globalité : les règles doivent être adaptées aux contrats courts, les chômeurs ne doivent plus être stigmatisés comme des fraudeurs, les mots « contrôles » et « abus » étant des présupposés qui fragilisent toujours les plus pauvres. Ainsi, les dernières déclarations de M. Rebsamen sont-elles obscènes. Dans la plupart des cas, le chômeur contrôlé voit son indemnisation coupée a priori car Pôle Emploi applique la présomption de culpabilité. Et pour ceux qui veulent faire valoir leurs droits, une longue bataille juridique commence : en fin de compte, ils sont, en grande majorité, réintégrés car tous ces contrôles se font au mépris du droit le plus élémentaire. Mais, à quel prix ?… Vous devez lire le rapport du Conseil National de Lutte Contre la Précarité et l’Exclusion, organisme dépendant du Ministère du travail, et présidé par Etienne Pinte. Il y est écrit que tous ces contrôles sont une catastrophe et il se conclut par « Il est urgent de passer d’une société de défiance à une société de confiance ». Puisse-t-il être entendu…

Documents complémentaires:

COMMUNIQUE DE PRESSE LES DROITS RECHARGEABLES UNE VRAIE CATA

FORMULAIRE 1er FEVRIER

éléction miss & mister précaires

A l’heure où la précarité s’accroît dramatiquement dans notre pays.
A l’heure où aucune décision n’est prise pour permettre la réduction de cette précarité.
A l’heure où la ville d’Orléans engage 400 000 euros dans l’élection de Miss France;
et dans le même temps baisse les budgets aux associations et aux actions culturelles( Festival de Jazz et Jours J réduits à peau de chagrin)
A l’heure où le Conseil Régional engage 200 000 euros de dépenses publicitaires sur TF1 (à l’occasion de cette même élection de Miss France).

 

Le CUIP45 – Collectif Unitaire des Intermittents et Précaires du Loiret  appelle à mobilisation pour la défense de nos droits sociaux dans le cadre de la Journée Nationale contre la Précarité et pour la Justice Sociale.

 

Le jour même de l’élection de Miss France à Orléans le CUIP45 organise L’ELECTION DE MISS/MISTER PRECAIRE samedi 6 décembre sur le parvis de la Cathédrale à partir de 15h

 

Contre le modèle sexiste de « la vraie jeune fille française » nous choisissons l’ironie
Rejoignez-nous pour choisir qui représentera pour toute l’année 2015 « le vrai modèle français de précarité »

 

CUIP45 : SUD Culture – CGT Spectacle – SMA – SYNAVI – FRACAMA

 

SOUTIENS : Union Syndicale Solidaires Loiret – FSU45 – SNAC-FSU Drac Centre – CODF (Collectif Orléanais du Droit des Femmes) – ATTAC45 – RESF45 – Collectif Roosevelt Loiret – MJCF-UEC45 – NPA45 – PCF45 – l’ADECR45 – Alternative Libertaire Orléans – PG45 – Nouvelle Donne 45



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Action rendez vous de l’histoire

Le CUIP 45 (Collectif Unitaire des Intermittents et Précaires du Loiret) a fait une action de protestation à l’occasion des RENDEZ-VOUS DE L’HISTOIRE à Blois samedi 11 octobre.

Profitant de cet événement et de la présence annoncée de Manuel VALLS, le CUIP45 a tenté de prendre la parole au nom de tous les précaires pour dénoncer le protocole du 22 mars et ses conséquences,ainsi que le traitement actuel du chômage et de la précarité. Les projets annoncés de « remise à plat » de l’Assurance Chômage ne peuvent que nous inquiéter compte tenu des actes récents du Gouvernement.

La prise de parole du CUIP45 à Blois a été très rapidement interrompue par la police. Nous tenons à vous transmettre le contenu du texte complet qui devait être lu.

Nous n’en resterons pas là. D’autres actions se préparent. Nous sommes déterminés à combattre l’inacceptable.

COLLECTIF UNITAIRE DES INTERMITTENTS ET PRECAIRES DU LOIRET

 

Décryptage de l’accord Unedic du 22 mars 2014

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Concernant les chômeurs du régime général, les intérimaires, les salariés victimes d’un licenciement injustifié, les intermittents du spectacle et les chômeurs seniors

L’analyse fouillée de la nouvelle réglementation révèle qu’elle touchera tous les chômeurs.

Le croisement des différentes règles qu’elle instaure est une machine infernale d’exclusion et de fragilisation, qui poussera chacun à accepter de travailler dans la plus grande précarité, en acceptant tous les petits boulots qui se présenteront.

Pour mémoire, 9 millions de personnes vivent en dessous du seuil de pauvreté en France.

Le développement d’une main d’œuvre malléable découle des options politiques et économiques du gouvernement et des partenaires sociaux signataires.

L’opacité, l’obscurité, la complexité de ce texte, à l’inverse de la prétendue simplification annoncée, obligera le chômeur à se transformer en expert de sa propre situation. En face, les agents pôle emploi surchaufferont par la multiplication des dossiers générant des blocages, des indus et des failles d’interprétation.

Comme précédemment en Allemagne, en Grèce, en Espagne, en Italie, nous assistons au processus européen de démantèlement de l’assurance chômage.

Nous, chômeurs au régime général,

Serons encouragés à accepter n’importe quel petit boulot à n’importe quel prix, face à la permanente nécessité de recharger un « capital » » de droits à allocations. Nous perdrons la lisibilité de nos droits à l’indemnisation, et verrons, pour beaucoup, nos allocations baissées.

Rappelons que, aujourd’hui, 6 chômeurs sur 10 ne sont pas indemnisés

Or, pour bénéficier des droits rechargeables, il faudra déjà avoir pu ouvrir des droits, une première fois, sur une période de 122 jours d’affiliation sous contrat ou 610H de travail (4 mois) minimum. C’était déjà le cas pour une ouverture de droits au régime général, selon le principe de 1 jour travaillé = 1 jour indemnisé. Avec les nouvelles règles, si cette 1ère ouverture de droits s’effectue sur des petits CDD mal rémunérés, les droits seront ouverts à un petit taux.

Contrairement à avant, un contrat mieux rémunéré au cours de la période d’épuisement du capital ne pourra pas changer le montant de l’indemnité.

C’est à l’épuisement total de ces droits ouverts (capital) qu’interviendront, automatiquement et sans dépôt de dossier, les droits rechargeables.

Il faudra avoir travaillé au minimum 150 heures pour pouvoir recharger ses droits.

C’est donc la course aux petits boulots qui commencera ! Du pain béni pour les employeurs (en 10 ans l’utilisation du CDD de moins d’1 mois à plus que doublé !)…

Le calcul des droits s’effectuera sur la base des documents (attestations d’employeurs) dont dispose Pôle Emploi. Le demandeur d’emploi aura 30 jours pour le compléter, s’il veut que toutes les heures travaillées soient bien prises en compte. Sans réponse du demandeur d’emploi dans les temps, les droits rechargeables seront ouverts sur les seuls activités connues du système informatique… Cauchemar d’indus en perspective, en cas de régularisation ultérieure !…

Pendant la période d’indemnisation, les salaires perçus feront baisser le montant de l’allocation versée en complément.

Ce nouveau calcul diminuera le nombre de jours indemnisés dans le mois, ce qui rallongera la période d’écoulement des droits et entraînera une perte de visibilité.

Nous savons de quoi nous parlons : en 2003, a été mis en place un principe de droits rechargeables de 243 jours pour les intermittents du spectacle (très différent de l’ancien principe de date anniversaire sur 12 mois). Depuis 2003, les salaires ont chuté dans ce secteur. Pourquoi ? Parce que même les employeurs qui auraient les moyens de payer correctement les salariés ont bien compris qu’ils pouvaient les employer à un prix moindre. Et que, si les salariés l’acceptent, c’est parce qu’ils ont d’abord besoin de faire leurs heures.

À n’importe quel prix !

Nous, intérimaires,

Verrons notre annexe vidée de toute substance et nos règles d’indemnisation alignées sur le régime général.

Pour plus de 70% des intérimaires, l’accord entraînera une baisse de revenus qui atteindra, en moyenne, 200 euros par mois.

Le nouveau calcul du différé d’indemnisation pourra en doubler la période.

La liste des bénéficiaires de notre annexe 4 changera

Dans la nouvelle convention, l’annexe 4 ne concernera plus les salariés intermittents (vacataires, y compris ceux de l’éducation nationale, extras de l’hôtellerie, enquêteurs..), mais EXCLUSIVEMENT les salariés des agences d’intérim.

Tous les autres basculeront dans le régime général. Déjà mal rémunérés, ils seront encore moins bien indemnisés qu’ils ne l’étaient, puisque leur journée de travail ne vaudra plus10H mais 5H.

Cette mesure concerne des centaines de milliers de personnes, travaillant pour la plupart dans l’événementiel, qui se verront privées de la moitié de leurs revenus et qui seront prêtes à accepter n’importe quel salaire en intérim, pour sauvegarder un minimum de droits.

Cette réforme de l’annexe 4 est la suite logique de la suppression des règles d’indemnisation spécifique au chômage saisonnier, en 2011.

Nous, salariés victimes d’un licenciement injustifié,

Serons dissuadés de faire usage de ce qui est un droit essentiel : saisir le Conseil des Prud’hommes, suite à un licenciement injustifié.

Suite à une rupture conventionnelle (d’un commun accord) ou à un licenciement, nous verrons notre indemnisation repoussée jusqu’à épuisement des indemnités supra-légales, pour une période pouvant aller jusqu’à 180 jours (au lieu de 75 avant cet accord).

Rappelons que ces indemnités permettent :

* à un salarié âgé de quitter son emploi avant de pouvoir faire valoir ses droits à la retraite ;

* aux victimes de plans sociaux de faire face aux conséquences de ce dernier, en réparant le préjudice d’un licenciement abusif sur décision du tribunal des prud’hommes.

Nous, intermittents du spectacle,

Verrons nos annexes à nouveau mises à mal avec cette convention.

D’abord, parce quelle reconduit le protocole de 2003, malgré la force de nos propositions, élaborées et mutualisées depuis 10 ans.

Nous savons que les réformes de 2003 ont entraîné de très nombreuses ruptures de droits et 70% de précarité supplémentaire (nombre d’entre-nous ont basculé au régime général).

Ces réformes sont aggravées par les nouvelles règles inscrites dans l’accord 2014 :

* Un différé d’indemnisation sera appliqué aux salariés touchant un salaire mensuel à partir de 900 euros. Ce différé pourra facilement atteindre 1 mois. Cette mesure injuste frappe des salariés à revenus moyens. Cette mesure touchera 47% des intermittents (l’ancien différé, mis en place pour les salaires les plus élevés touchait seulement 9% des intermittents indemnisés).

* Les cotisations sociales seront augmentées de 2%, ce qui aura un réel impact sur les petites compagnies.

* Par contre, le plafond salaire/indemnités sur lequel le ministre du travail communique, est tellement élevé qu’il ne touchera pratiquement personne !

* D’autre part, comme c’est déjà la règle, un intermittent travaillant à la fois au régime général et au sein des annexes 8 et 10, qui ne réussit pas à travailler 507H en 319 ou 304 jours, bascule au régime général.

Avec les nouvelles règles, si dans cette nouvelle période d’indemnisation, il effectue, à l’épuisement de ses droits, entre 150 et 506H en cachets spectacle, il se verra automatiquement réadmettre en recharge régime général, pour une durée variant entre 30 et 102 jours. Les heures ayant servi à cette recharge ne pourront plus être utilisées en ouverture de droits dans l’annexe 8 et 10. Il deviendra difficile d’ouvrir à nouveau des droits dans les annexes.

Nous, chômeurs seniors,

Verrons reculer le maintien de nos allocations jusqu’à l’âge de départ à la retraite.

Les plus de 65 ans feront l’objet d’un « prélèvement de solidarité » sur leur rémunération, qui sera versé au régime d’assurance chômage (contribution spécifique de solidarité de 6,4%).

D’autres pièges se glissent dans cette convention : blocage de paiement pour les mois suivants si un mois n’est pas régularisé par un bulletin de salaire, blocage des indemnités dès 3 mois d’absence de paiement d’allocation pour une reprise d’emploi, génération d’indus par la réglementation et autres réjouissances que la finalisation du décryptage nous réserve peut-être…

Toutes ces règles ne donnent aucune lisibilité au demandeur d’emploi pour se projeter. C’est le court terme qui est priorisé, la recherche d’emploi à tout prix !

Cet accord s’inscrit dans la logique de l’alignement des annexes vers le régime général, lui-même sévèrement touché. Nous y lisons la promesse d’un régime unique, et, avec elle, la casse des droits sociaux.

Son objectif est la diminution des dépenses de l’assurance chômage, en passant par l’application de nouvelles règles d’indemnisation, celles-ci visant à faire des économies sur le dos de ceux qui paient déjà « la crise »: les chômeurs.

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